Contexte & Justification
La Vision 2025, déclinée dans sa deuxième phase à travers la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), a pour objectif général de faire du Cameroun « un pays émergent démocratique et uni dans la diversité ». A ce titre, le pilier gouvernance – décentralisation et gestion stratégique de l’Etat, y est défini comme étant « le socle sur lequel reposent la transformation structurelle de l’économie camerounaise, le développement du capital humain, ainsi que l’amélioration de la situation de l’emploi ».
En effet, engagé dans le processus de décentralisation depuis 1974, l’Etat s’est inscrit dans une démarche de transfert progressif de compétences et de moyens au bénéfice des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), notamment les Communes au premier chef. A la faveur de cette loi portant organisation communale, l’Etat définissait alors les diverses formes d’autonomisation des CTD, tout en mettant un accent sur la mutualisation des ressources et autres potentiels à travers la mise en œuvre de l’intercommunalité. Plusieurs syndicats de Communes avaient par ailleurs été créés par l’Etat sur l’ensemble du territoire national, avant d’être dissouts plus tard pour des raisons liées à leur gouvernance.
Toutefois le cadre juridique de l’intercommunalité a connu des avancées considérables grâce principalement aux Lois N°2004/017 d’orientation de la décentralisation et N°2004/018 fixant les règles applicables aux Communes du 22 juin 2004, la Loi N° 2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CGCTD).
En effet, le CGCTD dispose en son article 94 que : « (1) la coopération décentralisée s’entend comme toute relation de partenariat entre deux ou plusieurs Collectivités Territoriales ou leurs regroupements en vue de réaliser des objectifs communs. (2) Elle peut s’opérer entre des Collectivités Territoriales camerounaises ou entre celles-ci et des Collectivités Territoriales étrangères, dans les conditions fixées par la législation et la règlementation en vigueur et dans le respect des engagements internationaux de l’Etat ».
Comme autre mécanisme de partenariat, l’article 104 dispose que « les Communes d’un même Département ou d’une même Région peuvent, par délibérations concordantes acquises à la majorité d’au moins deux tiers (2/3) de chaque Conseil Municipal, se regrouper en syndicat, en vue de réaliser des opérations d’intérêt intercommunal ».
Dans ce contexte, le Maire de la Ville de Douala, habilité par une délibération du Conseil de la Communauté Urbaine l’autorisant à promouvoir la création d’un syndicat communal, a validé les termes de référence pour la réalisation d’une étude sur l’identification des axes potentiels d’intercommunalité dans l’aire métropolitaine de Douala.
Cette étude inclut, en plus des 06 Communes d’Arrondissement de Douala, 10 autres CTD dont Dibombari, Nkongsamba 1er, 2ème et 3ème ; Njombe-Penja; Yabassi, Yingui ; Dibamba (Logbadjeck), Edéa 2ème et 05 villes que sont Douala, Nkongsamba, Edéa, Limbé, Kribi, toutes regroupées sur 05 Départements : le Wouri, la Sanaga-Maritime, le Nkam, le Moungo, le Fako, l’Océan et 03 Régions à savoir, le Littoral, le Sud et le Sud-Ouest.
Cette particularité géographique de l’aire métropolitaine de la ville de Douala, auxquelles s’ajoutent les spécificités socio-économiques des cibles de l’étude, sous-tendent la démarche d’organiser des Journées de l’Intercommunalité sur la thématique : « l’intercommunalité, un levier de développement intégré des territoires ».
Il convient de relever que l’intercommunalité constitue un outil pouvant être mobilisé pour adresser plusieurs problématiques de développement local liées aux domaines de compétences transférées aux CTD dans le cadre de la décentralisation. Dans le cas d’espèce, il est question de traiter d’une part des axes potentiels d’intercommunalité dans l’aire métropolitaine de Douala qui couvre plusieurs secteurs d’intervention (agriculture, élevage, infrastructures routières…) au de-là de la Ville de Douala, et d’autre du sport dans la Ville de Douala.
A juste titre, dans sa vision de développement de Douala, le Premier Magistrat Municipal de la Ville a déclaré qu’« une ère nouvelle s’ouvre pour Douala». Il s’est ainsi résolument engagé à changer l’image de la capitale économique. Raison pour laquelle, à l’instar des grandes métropoles, la CUD a lancé depuis 2021 une initiative visant à mettre ensemble les acteurs africains du sport en vue d’en faire un véritable levier de développement local, d’attractivité, de compétitivité et de cohésion sociale. Dénommée Plateforme des Villes Africaines Promotrices du Sport, elle ambitionne de contribuer de manière significative à rapprocher toutes les composantes citadines dans un élan de paix et de solidarité pour le rayonnement urbain en vue de l’atteinte des Objectifs du Développement Durable N° 3, 4, 11, 16 et 17.
Depuis 2021, en prélude à la création et à la mise en œuvre de cette Plateforme, un groupe de travail (composé des membres de la société civile et du personnel de la CUD) a mené une réflexion concrète, pragmatique et objective sur le sujet. Cette réflexion a conduit à :
- la mise sur pied d’une Plateforme Locale de Promotion du Sport (PLPS), espace privilégié d’échanges entre la Ville de Douala et les acteurs du sport, mais aussi les partenaires de tous les horizons ; ceci dans le but de stimuler les actions de la Ville de Douala sur les politiques sportives locales et/ou nationales, en partageant des expériences et de bonnes pratiques ;
- la création d’une plateforme numérique dédiée ;
- la participation de tous et des partenaires pour la santé et le bien-être, et
- l’implication des gloires locales du sport.
La présence des Maires de diverses localités aux Journées de l’Intercommunalité à Douala les 16 et 17 Septembre 2025, donne tout son sens au « Lancement Officiel de la PLPS » qui permettra au Chef de l’Exécutif de la CUD d’officialiser l’existence de la Plateforme Locale de Promotion du Sport (PLPS) et de lancer les activités de cette dernière. L’objectif étant de s’ouvrir aux autres collectivités.
Au fil des ans, la pratique du sport est devenue un droit inaliénable de l’Homme mais plus encore une nécessité indéniable.
Le sport est, à ce titre, un levier fort de développement humain, d’inclusion, de cohésion sociale et de lutte contre la misère, l’exclusion et la marginalisation.
Le lancement Officiel de la PLPS, qui se tiendra à l’occasion des Journées de l’Intercommunalité, permettra de réunir tous les acteurs locaux du sport, les éducateurs et coaches sportifs, les ONG et la société civile sportive, les jeunes sportifs, les élus locaux, les acteurs de l’industrie du sport, les entreprises socialement engagées dans le domaine du sport, les gloires et les champions sportifs, les experts, les chercheurs et tous ceux qui œuvrent à la promotion du sport et l’accès au sport tous azimuts.
Objectifs & Cibles
Objectif global de la journée de l’intercommunalité
L’objectif global de la journée de l’intercommunalité est à la fois pédagogique et technique. En effet il s’agit, à l’aube des résultats obtenus de l’étude, de mettre en exergue les atouts qu’offre l’intercommunalité dans le cadre du développement participatif et harmonieux des territoires d’une part, et pour la ville de Douala, de s’accorder avec les Collectivités Territoriales concernées par les axes potentiels de partenariat identifiés ainsi que la forme juridique ou organisation qui sied suivant les cas (Syndicat de Communes ou regroupements intercommunaux, autres accords de coopération) d’autre part.
Objectifs spécifiques
Dans le but d’atteindre cet objectif global, les objectifs spécifiques sont les suivants:
- Définir l’aire métropolitaine de la ville de Douala sous le prisme de l’intercommunalité (contour géographique, enjeux socio-économiques, perspectives, etc.)
- Présenter les résultats de l’étude sur l’identification et la définition des potentiels axes d’intercommunalité dans l’aire métropolitaine de Douala ;
- Organiser un partage d’expériences avec des regroupements des Villes et Communes, ainsi que des partenaires au développement;
- Recueillir de la part des acteurs, les propositions d’axes de coopération prioritaires avec la ville de Douala et des propositions de mise en forme fonctionnelle (cadre juridique) ;
- Entamer l’élaboration d’une base de données sur les ressources différenciantes (similitudes et spécificités entre la ville de Douala et les autres Villes et Communes concernées) ;
- Redynamiser la pratique du sport dans la Ville à travers les quartiers ;
- Informer l’opinion publique locale et nationale sur la création dans la Ville de Douala d’une Plateforme Locale de Promotion du Sport ;
- Procéder au lancement de la plateforme numérique PLPS, et
- Entamer la réflexion sur le projet de création de la Plateforme des Villes Africaines Promotrices du Sport (PVAPS).
Résultats attendus
Les résultats attendus sont les suivants :
- La définition de l’aire métropolitaine de la ville de douala en termes de contours géographiques, d’enjeux et perspectives est bien comprise de tous les acteurs ;
- Les Villes et Communes concernées par l’étude sur l’identification et la définition des potentiels axes d’intercommunalité dans l’aire métropolitaine de Douala adhèrent aux résultats obtenus ;
- Les mécanismes de mise en œuvre de l’intercommunalité dans l’aire métropolitaine sont clairement identifiés ;
- Les axes potentiels de coopération multiforme avec la ville de Douala sont identifiés ;
- Les données sur les ressources différenciantes sont disponibles ;
- Un quota d’une centaine de membres enrôlés est atteint ;
- Les Communes d’Arrondissement de Douala ont adhéré à la PLPS ;
- L’information sur l’animation sportive de la Ville de Douala est mise à la disposition d’un large public ;
- La plateforme numérique est animée régulièrement ;
- Les jalons de la création d’un musée du sport dans la Ville de Douala sont posés, et
- La PVAPS est prête à être lancée.

