Dynamo de Douala a longtemps été le symbole de l’unité du peuple bassa. En effet le support frénétique et quasi « irrationnel » que les bassa lui manifestaient jadis, indique bien le caractère religieux de ce qui en fait ne devait être qu’une équipe de football. Ai-je dis religieux ? Oui, bien sûr et je le redis : le caractère religieux… Les bassa ont transformé pendant longtemps les parties de football de La Dynamo De Douala en culte religieux, avec sa cohorte de fidèles et ses mantras scandées religieusement avec tout le HEMLE. J’ai même connu un supporter, je ne sais pas si cette désignation est réaliste, un vrai « ayatollah » qui a lui tout seul, s’était identifié à la nation bassa tout entière, au point d’accepter le surnom de peuple. Nous essayerons dans ce papier de démêler les non-dits de cette expérience exceptionnelle.
Diagnostic d’une victimisation
Qui n’a pas entendu les « fous » de Dynamo (réf. A l’ouvrage de Jean-Pierre Chabrol, Les Fous de Dieu) scander en cœur « « ba ñan bon ba job » et s’auto identifier « peuple ». Que ces fous s’arrêtent là, aurait déjà dû être en soi inquiétant. Mais religieusement, ils allaient plus loin et engageaient ce chœur devenu mystique « bon ni tenga la ? ». Pour y comprendre quelque chose, il faut peut-être retourner à la BIBLE, EXODE, 5.1-13 où vous trouverez cette affirmation: « ainsi parle Yahwé, le Dieu d’Israël : laisse mon peuple partir, et qu’il célèbre une fête pour moi dans le désert ! ».
On est ici au cœur de la présupposée captivité du « peuple de Dieu » en Egypte noire pharaonique. Notons bien qu’il s’agit du Dieu d’Israël! Qui n’a pas vu notre Dynamo perdre des parties et affirmer que c’est le fruit d’une conspiration, d’un complot contre le peuple de Dieu. Que tout était question de la persécution, pour être plus clair. Comment les bassa, à travers Dynamo, en sont-ils arrivés à se victimiser en s’identifiant au peuple d’Israël ? Comment le bassa a-t-il fait pour essayer de se mettre sous la protection d’un Dieu qui a été créé pour l’anéantir ?
Retournons dans EXODE, le combat entre le Dieu du pharaon et le Dieu de Moïse se solde par la défaite de celui du peuple noir d’Egypte… L’histoire est racontée évidement par un juif. Et ce dernier en effet fait la victime. Déclare avoir été persécuté pendant 400 ans. Et voilà que le bassa, je ne sais par quelle association, se déclare persécuté, victime et appelle peut-être le dieu d’Israël qui ne viendra certainement jamais, si oui peut-être pour l’anéantir. EXODE est clair, le Dieu en question est le Dieu d’Israël, très connu pour sa jalousie, un Dieu très partisan. Comment Dynamo (le peuple bassa) pensait-il pouvoir être secouru par un égrégore créé pour le combattre. Entendons par un égrégore (…) un concept désignant un « esprit de groupe », une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome.
